
Le dessinateur de BD Jérôme Mulot avait participé à l’aventure Wah !
à lire de Jérôme Mulot et Florent Ruppert : « Irènes et les clochards » (L’Association)
résultats du tchat libé du 26 janvier 2010 live Angoulême :
Cépasjuste. Pour travailler ensemble, comment ça se passe quand on a deux cerveaux et quatre mains ?
Florent. En bande dessinée, en général, on n’utilise pas quatre mains, mais seulement deux, parce qu’on dessine qu’avec la main droite.
Jérôme. Ça veut dire qu’il faut que la main droite soit à côté de la main gauche.
Florent. Pour répondre plus sérieusement à la question, et pour être très technique, en fait, on dessine sur des pages séparées par des calques. Par exemple, Jérôme va dessiner sur une feuille le décor, moi, je vais dessiner sur une autre feuille les personnages par transparence, à l’aide d’une table lumineuse. Et, sur une autre page, on va mettre les textes, sur une autre les textures, sur une autres les corrections, etc...
Citron. Comment vous viennent les idées de scénarios ? Lequel d’entre vous s’y colle ?
Jérôme. On s’y colle tous les deux. Et tant qu’on n’est pas d’accord, on ne fait rien. Une fois qu’on a bien choisi exactement le dialogue, on peut déterminer comment on va faire le dialogue qui détermine le dessin.
Irma. Après avoir prostitué des femmes dessinatrices dans la Maison close, est-ce que vous envisagez de prostituer des garçons dans un futur bordel pour hommes ?
Florent. Malheureusement non, car la prostitution des hommes n’est pas assez inscrite culturellement dans le panorama culturel français. La prostitution masculine n’est pas une matière assez conséquente pour pouvoir la manipuler dans un livre.
Etalors. Votre album « le Tricheur », le mec qui boit pour gagner le concours d’ébriété, votre air pince sans rire dans la vidéo de Libé... vous avez des tendances faussaires ou canular ?
Jérôme &Florent. On réfléchit.
Jérôme. On réfléchit encore.
Jérôme & Florent. Joker, passons à la question suivante...
Bulle. Il paraît que vous allez danser à Angoulême. C’est vrai ?
Florent. Oui, c’est vrai.
Jérôme. On va danser, mais on va aussi présenter un spectacle de danse contemporaine, où il y a une vraie danseuse qui danse, nous on va danser le soir...
Titi. Pourquoi le noir et blanc ? Vous n’avez pas de crayons de couleur ?
Jérôme. Si, on a des crayons de couleurs, mais on trouve que c’est très dur de s’en servir. C’est plus facile avec les rotring. Avec les rotring il y a plus un lien direct avec le cerveau et le papier.
Toto94. Salut les gars, j’adore votre humour et votre dessin mais j’aime moyen quand vous finissez pas le super tournois de baston de bloggeur, vous aller continuer ?
Florent. Oui, on va continuer juste après Angoulême.
Duboulot. Qu’est-ce que vous faites de vos journées au Festival ? C’est important pour vous ce rendez-vous, ou préfériez-vous être ailleurs ?
Florent. On voit nos amis auteurs, on danse avec eux le soir, on fait des rendez-vous téléphonique avec Libé, et on répond à des questions dans des interviews, et puis, c’est tout... si, on dédicace. On ne s’ennuie jamais, on est toujours content de venir.
Jérôme. Je suis d’accord avec tout ce que Florent vient de dire.
Miam. De qui auriez-vous envie de vous débarrasser symboliquement ?
Florent. Sempé, mais la nature va le faire pour nous bientôt.
Jérôme. Je suis d’accord.
Florent. Il y a deux sortes d’auteurs que l’on peut admirer, ceux qui t’enthousiasment et te donnent envie de faire de la bande dessinée. Et ceux, dont le talent te coupe les pattes et t’empêchent d’avancer dans la vie. Je dis ça, mais je pense que la haine c’est aussi un bon moteur. Concernant Sempé, en fin de compte, ça reste positif son influence sur notre travail.
Titi. Avez-vous déjà envisagé de travailler seul, chacun de votre côté sur un album ? Est-ce que ça serait possible ?
Jérôme. Oui, on l’envisage, mais rien n’est prévu pour le moment.
Lapaz. Si vous n’étiez pas dessinateurs, qu’est-ce que vous aimeriez faire ?
Florent. Du cinéma, comme tout le monde.
Jérôme. Si je n’étais pas dessinateur - mais Florent dit que ça fait snob - je dirais que, comme lui, je ferais du cinéma.
Jeff. Est-ce que vous apportez votre table lumineuse pour faire des dédicaces ?
Jérôme. Non, par contre, on amène des crayons de couleurs.
June. Bonjour. Et ce projet de conférence publique, toujours en totale cohérence avec le reste de votre travail (deux lectures proposées au spectateur - cette fois-, humour acerbe et violence frontale), ça en est où ? Est-ce quelque chose que vous allez peaufiner, et présenter prochainement, ou est-ce quelque chose d’enfoui sous les trois tonnes de projets en cours ?
Florent. June, est celui pour qui on a fait une conférence il n’y a pas longtemps. On en a fait une à Anvers, qui était catastrophique, mais on veut bien faire la troisième édition chez lui.
Gil. Angoulême ça représente quoi pour vous ?
Jérôme. Ça ne représente plus rien, parce qu’on a déjà eu un prix. Il paraît que tu ne peux pas en avoir deux. Pour être président, il faut avoir fini sa carrière d’auteur, et nous, on espère que c’est pas le cas.