LES LUDDITES

Bris de machines, économie politique et histoire

Julien Vincent & Vincent Bourdeau & François Jarrige

Livre 160 pages.
Format : 13 x 19 cm.
12 avril 2006
15 euros
isbn :2-915453-11-X  

Les luddites : c’est par ce nom que les ouvriers brisant les machines dans les comtés industriels anglais se désignent au début du XIXe siècle. Tiré de la figure de Ludd, un personnage mythique qui aurait détruit des machines textiles à la fin du XVIIIe siècle, le luddisme devient rapidement un mouvement d’une grande ampleur au cours duquel les ouvriers s’organisent pour détruire les procédés techniques accusés de provoquer le chômage et de diminuer la qualité des produits. Apparu en 1811 dans le comté de Nottingham, ce célèbre mouvement d’opposition à l’industrialisation s’étend progressivement aux autres régions industrielles anglaises dans les années suivantes.

Cette première grande révolte ouvrière à l’aube de l’industrialisation suscite rapidement des interprétations variées et contradictoires. D’abord pris en charge par un discours économique qui faisait souvent des briseurs de machines des combattants anachroniques, le luddisme fut redécouvert, à partir de la fin du XIXe siècle, par une histoire sociale anglaise qui l’a rechargé d’ambiguïté et en a fait un lieu de mémoire conflictuel. Cette tension entre deux regards possibles, l’un centré sur la machine et l’autre sur son contexte social, alimente depuis près de deux siècles une bataille culturelle dont les différentes phases de la mémoire du luddisme sont un reflet jusqu’à nos jours. Face à une techno-science omnivore, face aux multiples débats soulevés par les biotechnologies, et face au développement d’une pensée écologique de plus en plus foisonnante, le luddisme est devenu récemment un symbole militant pour ceux qui se revendiquent du « néo-luddisme ». C’est à la découverte de cette révolte sociale, et des multiples lectures et instrumentalisations qu’elle suscita, qu’invite cet ouvrage.


Affiche placardée par les autorités britanniques à Nottingham le 26 mars 1811 à la suite des premiers bris de machines qui allaient donner naissance au luddisme. trad : "Attendu que plusieurs personnes mal intentionnées se sont réunies avec l’intention séditieuse de provoquer des émeutes et ont brisé un certain nombre de métiers en divers lieux de notre pays : nous avisons que toute personne qui donnera des renseignements sur l’auteur ou les auteurs de l’odieuse destruction des dits métiers se verra octroyer, une fois le jugement rendu, une récompense de 50 guinées. D’autre part, toute personne ayant pris une part active aux émeutes qui accusera ses complices se verra octroyer la même récompense, une fois le jugement rendu, et tout sera fait pour obtenir sa relaxe".

« The Leader of the Luddites », reproduit avec l’aimable autorisation de la Working Class Movement Library (WCML), http://www.wcml.org.uk.

Double page "Rage against the machine" dans Libération le 21 juin 2007 par Frédérique Roussel

Compte-rendu par Iorwerth Prothero dans Revue d’histoire du XIXe siècle, n° 34, 2007/1, p. 198-200

Compte-rendu dans la Revue d’Histoire Moderne et Contemporaine n°54.

Compte-rendu dans la revue "Histoires Économies & Sociétés par Éric Anceau

Compte-rendu dans la revue ecoRev n°23 juin 2006.

Compte-rendu dans L’Humanité du samedi 20 mai 2006.

Compte-rendu par Georges Ubbiali sur Dissences.net

Critique par Frédéric Saenen sur Sitartmag

Chronicart n°25, mai 2006.

Interventions

Rencontre débat le vendredi 16 juin à 20h : La science peut-elle être citoyenne ? par les revues Offensive et EcoRev’ avec entre autres des membres de l’association Science Citoyenne et François Jarrige.
Lieu Dit 6 rue Sorbier, Paris 20ème

Conférence de François Jarrige sur le Néo-luddisme au Magasin de Grenoble le 7 juin 2006.

Texte sur le Néo-luddisme par François Jarrige, Chronicart n°26, juin 2006.

L’Écologiste n°18 - avril-mai 2006.

Actuel Marx n° 39, éd. PUF, Nouvelles aliénations, mai 2006.


    Communiqué

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