LA MARIÉE MÉCANIQUE : FOLKLORE DE L’HOMME INDUSTRIEL

Marshall McLuhan

Livre de 160 pages
Format : 20 x 27 cm
septembre 2012
30 euros
isbn :978-2-915453-83-6 

Titre original : The Mechanical Bride : Folklore of Industrial Man (1951)
Jamais traduit en français
Publié en anglais en 2002 par Gingko Press (Canada)
65 illustrations d’origine

Livre méconnu et inédit en français, La Mariée mécanique, folklore de l’homme industriel est le premier ouvrage publié par Marshall McLuhan, en 1951. Dans ce livre, McLuhan démonte les messages, les mécanismes et les injonctions faites au public à travers une analyse rigoureuse et décapante des affiches publicitaires, pages de journaux, slogans, tracts etc., de l’époque. Véritable opération de déminage de l’imaginaire commun et populaire, ce livre annonce les thèses développées par McLuhan au cours du XXème siècle et comprend de nombreuses illustrations originales.

"Cette œuvre, The Mechanical Bride, titre que l’on pourrait traduire littéralement par "La mariée mécanique", illustre l’étroite union de l’homme moderne avec la machine. Sous-titrée "Folklore of Industrial Man", le livre consiste précisément en un folklore ou répertoire de "culturalia" contemporains, allant des annonces publicitaires aux bandes-dessinées en passant par les media de communications. Cette anthologie est accompagnée de commentaires pertinents et impertinents qui sont sans doute ce qui a été dit de plus intelligent sur la publicité depuis qu’elle est inventée."
Jean-François Martineau


Extrait :

Indépendamment des bonnes ou des mauvaises politiques éditoriales, l’homme de la rue est maintenant habitué aux faits divers venus de toutes les parties du monde. La seule technique de collecte d’information au niveau mondial a créé un nouvel état d’esprit qui n’a que peu à voir avec l’opinion politique locale ou nationale. De sorte que même le sensationnalisme absurde et le manque de fiabilité fréquent des nouvelles n’annulent pas l’effet global, qui impose un profond sentiment de solidarité entre les hommes. Bien sûr, si un observateur ne considérait que la qualité de l’analyse intellectuelle dans tel article ou tel éditorial, il aurait de quoi se morfondre. Certaines habitudes de pensée ont conduit à exagérer la valeur, et même la nécessité, des « opinions correctes ». Les mêmes habitudes de pensée conduisent à la condamnation de l’art moderne en raison de son « absence de message ». Ces habitudes rendent aveugles aux changements réels de notre époque. Ainsi conditionnés, les gens ont appris à accepter les opinions et les conceptions générales véhiculées par la presse. Mais les symbolistes français, suivis par Joyce dans Ulysse, ont vu que l’agencement technique des journaux modernes recelait une nouvelle forme d’art à portée universelle. Voici un exemple majeur de la façon dont un sous-produit de l’imagination industrielle, un authentique intermédiaire du folklore contemporain, a conduit à des développements artistiques radicaux. Pour un œil avisé, la une des journaux est le chaos superficiel susceptible de transporter l’esprit vers des harmonies cosmiques très élevées. Pourtant, quand un Picasso restitue ces harmonies en les stylisant avec acuité, elles semblent offenser ceux-là mêmes qui devraient les apprécier. Mais c’est une autre histoire.


Couverture de l’édition américaine de 2002.



LA MARIÉE MÉCANIQUE : FOLKLORE DE L?HOMME INDUSTRIEL