Une pause mille coups ! est un roman initiatique
Traduit de l’anglais (E.U.) par Morgane Saysana & Émilie Notéris
Ryu Asakawa, collectionneur d’art, récupère une mystérieuse gravure pornographique de l’ère Edo représentant une jeune femme, Tomi, fille d’un légendaire samouraï. L’auteur du portrait, Yoshi, serait l’ange gardien de Miju, l’amour de jeunesse de Ryu. Ce portrait lui permet alors d’opérer un retour dans leur passé, quand ils étaient encore étudiants en art en Californie. En s’appuyant sur des œuvres littéraires japonaises célèbres, en mêlant théorie et fiction et en se jouant de ses personnages polymorphes, Maxi Kim signe un roman dont l’ADN se recombine au fil des pages. Le lecteur sera tout autant saisi par l’évolution du récit que par les inventions stylistiques de l’auteur, tour à tour japonisantes, baroques et ultra contemporaines. En couverture : Unemployment reenactment by a samouraï of nowadays (2010)
Question horticulture, le président Kato était plus versé dans la théorie que dans la pratique, et cette réaction lui rappela les agissements de ces collectionneurs britanniques du dix-huitième siècle qui envoyaient des hommes à l’autre bout du monde détruire toutes les variétés d’orchidées locales, sauf une. L’idée étant de faire monter sa valeur en flèche. Le président se mit à rire.
Ryu se leva, et, tournant le dos à son collègue, passa en revue la bibliothèque de ce dernier : Broken Silence : Voices of Japanese Feminism by Aoki Yayoi, Ide Sachiko, Kanazumi Fumiko et Kora Rumiko (exemplaire non traduit). Beauty Up : Exploring Contemporary Japanese Body Aesthetics by Laura Miller. Male Homosexuality in Japan : Cultural Myths and Social Realities by Mark McLelland. C’est Ryu qui lui avait fait découvrir cet innommable courant de pseudo-sociologie apparu après les années soixante. - Vous vous méprenez à mon sujet, Ryu. Je vois bien où vous voulez en venir. J’ai compris votre petit manège depuis que vous avez acheté cette poignée de shunga du dix-septième siècle, toujours soucieux de les cacher au grand public.
Le président Kato était sur sa lancée : il déblatérait des âneries, fidèle à son devoir (au sens strictement kantien du terme) et Ryu sentit qu’il n’était pas près de s’arrêter. Se prêtant au jeu de son ami, il hochait la tête de temps en temps, mais son esprit était tout ailleurs. Bien sûr, Tomi hantait sa rêverie éveillée. |
Communiqué[PDF | 171.5 ko]![]() |
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