PETROCRATIA

La démocratie à l’âge du carbone

Timothy Mitchell

Collection Chercheurs d’ère

Livre de 128 pages
Format : 13,5 x 20 m
19 mai 2011
14 euros
isbn :978-2-915453-81-2 

Traduction de l’anglais (US) par Nicolas Vieillescazes

Dans l’essai Petrocratia. La démocratie à l’âge du carbone, l’auteur met en relation deux phénomènes majeurs de la modernité : l’évolution de la démocratie politique et la dépendance croissante à l’égard des ressources énergétiques fossiles. Il montre comment les transitions énergétiques successives, d’une énergie essentiellement de biomasse vers des combustibles fossiles comme le charbon à partir de 1800 puis vers le pétrole à partir des années 1930, ont profondément transformé les rapports de force sociaux et politiques.

À partir d’une excellente maîtrise des nombreux travaux menés sur ces questions, il montre par exemple comment les mines et le développement du transport du charbon par barges au XIXe siècle ont conféré aux travailleurs de ces secteurs un rôle majeur dans la revendication des droits et ont contribué à de nombreuses avancées sociales. Il montre surtout que l’organisation technique, économique et politique du secteur pétrolier a modifié la donne au XXe siècle. Mitchell insiste beaucoup sur la plus grande légèreté des produits pétroliers, leur transport transocéanique par bateau qui permet de contourner les blocus. Mitchell souligne à quel point la diplomatie américaine au Moyen-Orient a systématiquement conforté les pouvoirs locaux conservateurs et non-démocratiques. Il propose ainsi une lecture originale de la fameuse malédiction de la rente pétrolière, fréquemment évoquée dans les travaux de sciences politiques. Un autre pan original de son argumentation réside dans l’analyse des causes de la crise du système monétaire de Bretton Woods, largement due selon lui aux importations de pétrole par les Etats-Unis (engendrées par un système de consommation - automobile, etc… - alimenté par le pétrole à bon marché) qui causèrent la fuite des dollars hors du pays. En revanche, le choc pétrolier de 1973 a permis de sauver les producteurs de pétrole américain, alors de plus en plus chassés de leurs concessions moyen-orientales. Les nouveaux prix du pétrole ont en effet rendu rentable l’exploitation des pétroles non-conventionnels de la Mer du Nord ou d’Alaska.

Cet essai à la fois dense et très accessible propose finalement la première synthèse sur l’état de nos démocraties à l’âge du pétrole et montre l’extrême dépendance et vulnérabilité de notre modèle social à l’égard e cette ressource énergétique. Il révèle comment la construction des réseaux de distribution de l’énergie à l’ère du charbon et du pétrole ont façonné le champ des possibles en matière d’expériences politiques. Cette réflexion ambitieuse, à la fois historique et politique, offre des perspectives riches et originales pour penser la politique à l’ère des menaces climatiques globales.


Ouverture de la première station d’essence au Kansas, en 1927, pour l’approvisionnement des automobiles.


Cosaques patrouillant dans les puits de pétrole de la Compagnie Nobel à Bakou suite à une rébellion ouvrière. Vers 1905.

Article de Jade Lindgaard, Médiapart
Article de Romain Felli, Le Temps, Suisse,
Article de Jean-Paul Fourmont sur Parutions.com
Article par Thierry Jobard dans le magazine Sciences Humaines
Article par Hervé Kempf dans Le Monde
Article de Jean-Marie Durand dans Les Inrocks


    Communiqué

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