LA GUERRE CIVILE MONDIALE essais 1943-1978

Carl Schmitt

Collection Chercheurs d’ère

Livre de 192 pages
Format : 13,5 x 20 cm.
16 novembre 2007
16 euros
isbn :978-2-915453-41-6 

6 essais inédits en français de Carl Schmitt.
Traduction et préface de Céline Jouin.

Le changement de structure du droit international, 1943
Prendre / Partager / Paître, 1953
L’ordre du monde après la seconde guerre mondiale, 1962
Clausewitz, penseur politique, 1967
Conversation sur le partisan, 1969
La révolution légale mondiale, 1978

Ces essais du « vieux » Schmitt, ses derniers textes d’importance, font le portrait d’un ordre mondial où la guerre entre Etats devient marginale : une « guerre civile mondiale » est en train de la remplacer. Schmitt a prédit, dès 1938, que pour légitimer les guerres de l’avenir, c’est à l’idée de guerre juste qu’on ferait appel, de « guerre contre la guerre », et non plus à l’idée de nation. Le cours des événements lui a donné raison : l’idée de nation a vieilli d’un coup avec la Seconde Guerre mondiale. De même que la Première Guerre mondiale a signifié la défaite des monarchies, la Seconde Guerre mondiale entérine la défaite, non seulement de l’Allemagne, mais de tous les États nationaux. La création de l’ONU est un symptôme : le vieux système westphalien des Etats-Nations souverains se faisant la guerre quand ils le souhaitent est en voie de désintégration. Sa figure moderne privilégiée, le peuple en arme, est supplantée par d’autres : celle du partisan ou terroriste, celle du procureur de tribunal international faisant la leçon au responsable politique, celle du chef d’Etat fauteur de guerre traité comme un « criminel » de droit commun, ou du révolutionnaire professionnel, qui « pirate » les guerres de libération nationale. L’âge de la désintégration du nationalisme n’est pas, loin de là, la fin de l’histoire. Reste à savoir par où l’histoire continue. Carl Schmitt donne des pistes pour penser le néo-absolutisme des institutions internationales. Sa critique vise moins les droits de l’homme que le discours des droits de l’homme, la rhétorique de l’universalisme qui ignore les distinctions du proche et du lointain et bascule vite dans l’hypocrisie. Si l’« État de droit mondial », selon Schmitt, n’est qu’un rêve, c’est qu’il repose sur un oubli du droit. Le droit est nomos avant d’être lex, arbitrage « au bon endroit », avant d’être application univoque de la loi.

Jean-Claude Monod , in la revue Critique n° 738, Minuit, novembre 2008.

Magazine Philosophie, janvier 2008.


    Communiqué

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LA GUERRE CIVILE MONDIALE essais 1943-1978


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