LA FIN DE LA PAUVRETÉ ? un débat historique

Gareth Stedman Jones

Collection Chercheurs d’ère

Livre de 224 pages
Format : 13,5 x 20 cm.
20 avril 2007
18 euros
isbn :978-2-915453-34-8  

Dans les années 1790, pour la première fois, des réformateurs proposent de mettre fin à la pauvreté. Inspirés par le progrès scientifique, par les promesses d’une activité économique qui s’internationalise et par les révolutions qui ont eu lieu en France et aux États-Unis, certains penseurs politiques comme Thomas Paine ou Condorcet assurent que tous les citoyens pourraient être protégés contre les hasards et les incertitudes de l’économie. Dans cet ouvrage, Gareth Stedman Jones revisite ce moment fondateur de l’histoire de la démocratie sociale et montre comment il fut ensuite disqualifié et rendu invisible par les penseurs de droite comme de gauche. En retraçant l’évolution historique des débats sur la pauvreté, l’auteur fait ressurgir une voie importante, mais oubliée, de la pensée progressiste. Il montre aussi que les discussions actuelles concernant les questions économiques, que ce soit la mondialisation ou les problèmes de la régulation financière, furent largement modelées par les conflits idéologiques de la fin du XVIIIe siècle et du début du XIXe siècle.

Traduit de l’anglais par Vincent Bourdeau, François Jarrige et Julien Vincent
Préface par Julien Vincent, La Révolution industrielle n’est pas terminée

Ce livre apporte un point de vue d’historien sur des questions politiques actuelles. Il cherche à rendre visible certains des fils par lesquels le présent est relié au passé, et il jette pour cela un éclairage sur les premiers débats concernant la possibilité d’un monde sans pauvreté à la fin du XVIIIe siècle. Ces débats n’étaient pas la simple reprise du thème séculaire de l’Utopie mais ils étaient inspirées par une question nouvelle : le progrès scientifique et économique pourrait-il abolir la pauvreté telle qu’on la concevait alors ? Certains des problèmes rencontrés à cette époque semblent étrangement contemporains. Bien des questions qui incarnent souvent les nouveautés de notre temps aux yeux des représentants politiques et des journalistes - comme la mondialisation, la régulation financière, les réductions d’effectifs ou l’instabilité des marchés - faisaient déjà l’objet de débats récurrents au XVIIIe siècle.

Le monde dans lequel ces questions apparurent initialement était bien sûr très différent du nôtre. Il était dominé par les révolutions de 1776 en Amérique et de 1789 en France, ainsi que par les premiers mouvements pour abolir l’esclavage et le système colonial. Les débats qui vont être examinés dans ce livre sont marqués par une période de renversement des anciennes formes de souveraineté à travers l’Europe, d’assauts directs contre la monarchie, l’aristocratie et l’Eglise, de crise des croyances religieuses, d’émergence du « peuple » (common people) comme force politique indépendante, et de guerre sur tous les océans.

Ces bouleversements, apparemment si éloignés de nous, sont en réalité reliés aux questions les plus actuelles. Notre manière de comprendre les relations entre l’économique et le politique, tant au niveau national qu’international, continue à bien des égards d’être façonnée par les conflits étudiés dans ce livre. Il en est de même des relations entre la religion, la citoyenneté et la vie économique. Ceux qui considèrent que le monde a été complètement remodelé au début des années 1990 par la défaite du communisme, la fin de la guerre froide et l’effondrement du socialisme, et qui, pour cette raison, doutent de l’utilité de l’histoire, ne peuvent pas échapper à son emprise. Ils sont, en réalité, les consommateurs serviles des reconstructions historiques les plus naïves. Tels sont les réformateurs qui élaborèrent les programmes des partis de l’ère « post-socialiste ». Soucieux d’éviter toute évocation d’un collectivisme passé de mode et discrédité, ils se hâtèrent d’embrasser une économie dérégulée tout en espérant que quelques homélies sur le sentiment communautaire suffiraient à la moraliser. Ce faisant, ils s’imaginaient puiser dans une tradition libérale inattaquable et résolument moderne, transmise par une lignée d’économistes et de philosophes inspirés par le laisser faire libertaire de La Richesse des Nations d’Adam Smith.

Compte-rendu par Daniel Fayard dans la Revue Quart Monde n° 204, novembre 2007

Critique par Philippe Foussier dans le magazine Communes n° 474.

Article sur EspacesTemps.net

Interview dans La Fabrique de l’histoire sur France Culture le vendredi 29 juin 2007.

Les Lettres Françaises n°38 du 2 juin 2007.

L’humanité, samedi 2 juin 2007 par Baptiste Eychart (lien)

Le Monde des livres, jeudi 17 mai 2007 par Thomas Wieder


    Communiqué

     [PDF | 892.4 ko]

LA FIN DE LA PAUVRETÉ ? un débat historique


Frais de port