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D’une réception à l’autre. Huzar dans la presse il y a...150 ans

En attendant les nombreuses recensions que ne manquera pas de susciter la réédition prochaine des textes d’Eugène Huzar dans la collection « Chercheurs d’Ere », voici comment ses contemporains l’ont lu au milieu du XIXe siècle :

  Les éloges ne manquèrent pas, signes que la foi progressiste et scientiste qu’on attribue en général au XIXe siècle était loin de faire l’unanimité :

« Un des livres les plus remarquables qu’ait vu encore le siècle actuel » (la Gazette de France) ». « Un livre d’un intérêt capital pour l’humanité » (Auguste de Vaucelle, L’Artiste) ». « Un des livres les plus attrayants que j’aie lu de ma vie » (Felix de Saulcy, Courrier de Paris) ».

  Pourtant, en un siècle épris de progrès et voyant dans l’industrialisation du monde la promesse d’une société d’abondance, les prédictions catastrophistes d’Eugène Huzar ne pouvaient apparaître qu’étranges à beaucoup de ses contemporains :

« J’étais disposé à trouver absurde le petit livre de M. Huzar, dans lequel l’auteur prédit la fin du monde par la science. Après l’avoir lu attentivement, je ne le trouve plus que bizarre, erroné peut-être, mais avec des éléments nouveaux pour approcher de la vérité » (La revue de Paris)

  Certains vont jusqu’à y voir un appel à l’insurrection et à la destruction de toutes les œuvres de la science et de l’industrie, à l’image du poète Barillot qui résume ainsi - au grand dam de l’auteur - l’ouvrage La fin du monde par la Science :

« Tremblez, humains ! Les sept trompettes du jugement dernier vont retentir, la fin du monde approche. Couvrez vous le front de cendre, frappez vous la poitrine et pleurez toutes vos larmes. La Science, cette fille de l’Orgueil, va trouver l’action virtuelle qui doit mettre le globe terrestre en combustion. Chimistes, brisez vos cornues et vos alambics ; l’un de vous est peut-être l’Erostrate futur de notre planète. Cantonniers, armez vous de pioches, et faites sauter les rails des chemins de fer. Typographes, brisez vos casses, éparpillez les caractères, cassez vos presses et vos machines » (L’Appel).

  D’autres expriment des opinions plus tranchées et critiques comme le montre cet extrait du Journal des économistes, l’organe des libéraux effrayé par cette remise en cause du scientisme :

« Les efforts désespérés que fait M. Huzar pour s’effrayer et nous effrayer des témérités prétendues de la civilisation moderne, n’aboutissent qu’à faire ressortir les contradictions flagrantes de son système, qui au même moment proclame les bienfaits merveilleux et les honteuses bévues de l’industrie, bénie et maudit la science comme le principe de toute grandeur et de toute ruine, le salut et la perdition de l’espèce humaine. Les reproches qu’il fait à la civilisation n’ont, du reste, aucune valeur scientifique. Ainsi, il signale comme de sombres avant-coureurs des fléaux que nous réserve l’avenir, les accidents de chemins de fer, les naufrages des steamers, la maladie des pommes de terre et de la vigne. La statistique, on le sait, a déjà répondu à tout cela par des chiffres on ne peut plus rassurant » (Journal des Economistes).

À partir du 10 octobre 2008, le livre sera de nouveau en librairie et vous pourrez à votre tour vous faire un avis.

Huzar, l’oublié de l’histoire culturelle de la catastrophe

De désastres en fléaux, de sinistres en calamités, l’Occident s’est représenté les catastrophes suivant un cours complexe dont François Walter explore les méandres dans un ouvrage récent*. Pourquoi l’âge classique redoutait-il tant le passage des comètes et leurs présages ? Qu’est-ce qui pousse le siècle des Lumières à se laisser fasciner par le spectacle des éruptions volcaniques ? Prométhéen, le XIXe siècle l’est-il vraiment qui semble se résigner à la succession des catastrophes industrielles et minières ? Et que dire de la déréliction du dernier siècle confronté aux catastrophes morales absolues, Auschwitz et Hiroshima ?

Loin du schéma réductionniste selon lequel nous serions passés d’une société de la fatalité à une société de la sécurité, François Walter s’attache à mesurer la contribution des images et des discours aux climats anxiogènes. Il montre que la culture du risque se nourrit toujours à des sources symboliques, à plus forte raison quand règne l’idéologie de la précaution et du développement durable, à l’ombre d’une catastrophe écologique annoncée.

L’ouvrage de Walter propose donc de reconstruire l’histoire de l’émergence de la « société du risque » et la signification que les différentes sociétés lui ont accordé depuis le XVIe siècle. Mais si l’auteur insiste avec raison sur l’inflexion majeure que représente le milieu du XIXe siècle, il oublie significativement d’évoquer la figure de Eugène Huzar, l’un des premiers auteurs qui tente pourtant de présenter une vision globale de la catastrophe à venir.

En rééditant des extraits des textes de Huzar mis en perspective et présentés par Jean-Baptiste Fressoz et Bruno Latour, les éditions Ere comble cette lacune en faisant découvrir une figure oubliée mais majeure de l’histoire culturelle de la catastrophe.

* François Walter, Catastrophes. Une histoire culturelle, XVIe - XXIe siècle, Paris, Seuil, 2008.

La fin de la pauvreté, Acte II ?

Blague et titre mis à part, l’ouvrage nous paraît tout à fait prometteur, il propose une histoire sociale de la question de la pauvreté dans les années d’après guerre aux Etats-Unis.

A suivre donc : Romain Huret, La fin de la pauvreté ? Les experts sociaux en guerre contre la pauvreté aux Etats-Unis (1945-1974), Editions de l’EHESS, 2008.

Présentation de l’éditeur

"Est-il possible de supprimer définitivement la pauvreté ? Romain Huret mène l’enquête autour du programme la « Guerre contre la pauvreté » mis en place dans les années 60 par l’État fédéral.

Né d’une interrogation sur la place de la pauvreté dans nos sociétés contemporaines, cet ouvrage éclaire d’un jour nouveau la crise actuelle du système social, soulève la question du rôle de l’expert et des rapports délicats entre le savant et le politique. En s’intéressant aux fonctionnaires, il offre une histoire sociale originale de l’État américain et des institutions.

L’enjeu ici est de comprendre comment dans l’Amérique contemporaine la pauvreté fut définie et prise en charge par une génération d’experts sociaux. Leur objectif était simple : démontrer l’existence d’une pauvreté relative au cœur de la société de consommation américaine en créant progressivement la catégorie de travailleurs pauvres. Lire la suite"


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LA FIN DU MONDE PAR LA SCIENCE
LA GUERRE CIVILE MONDIALE essais 1943-1978
LA RÉPUBLIQUE ET SES DÉMONS
LA FIN DE LA PAUVRETÉ ? un débat historique