979-10-90983-06-9

à paraître le 15/01/14

96 pages

12 €

Phyllis Yordan

MY AMERICA

My America est un récit autobiographique où Phyllis Yordan convoque les fantômes de son passé dans une langue ciselée, impudique, bouleversante.

Traduction de l’anglais (E.U) par Fabienne Maître

Phyllis Yordan

Phyllis Yordan est née à San Francisco en 1952. Petite fille d’une costumière de la MGM, descendante de Zachary Taylor, 12ème président des États-Unis et d’un Indien Ojibwa. Fille d’une danseuse de la revue Earl Carrol, Caprice, qui devint une des dernières grandes courtisanes et du scénariste oscarisé Philip Yordan, (Plus dure sera la chute, Dillinger, Johnny Guitar, Lance Brisée, Le Cid, 55 jours à Pékin, etc.). Elle passera les sept premières années de sa vie à Beverly Hills.
Elle suit ses parents en Europe en 1960. Par la suite, sa mère épousera le propriétaire du Palace Hotel à Saint Moritz et sera une des locomotives de la jet-set, inspirant Truman Capote pour le personnage de Holly Golightly (Breakfast at Tiffany’s).
Phyllis a été assistante de tout et n’importe quoi sur les tournages de son père, et traductrice d’Andy Warhol pour Interview Magazine. Quand elle s’est trouvée ruinée elle est devenue coach d’acteurs, prof d’art dramatique à l’école Jean Périmony, comédienne et metteur en scène. Elle a interviewé les Survivants de la Shoah pour la fondation de Steven Spielberg, écrit “Les Collecteurs des Mémoires” aux éditions Le Hurloir après une résidence d’écriture à la Fondation d’Aligre.
Elle est mariée et a quatre enfants de quatre pères différents.
Elle va bien.

Extrait

C’est
De Thunderbirds turquoise aux intérieurs de cuir rouge
Et de chromes
La lotion pour le corps Jergen sur les mollets fraîchement rasés de Maman
L’Oscar de Papa est dur mais frais entre mes jambes
Mes pieds nus trottinent gaiement sur les tuiles mexicaines
À travers la maison à Benedict au point du jour
Je pourrais marcher à pas de loup sur n’importe quoi si ce n’est pas trop froid
Du sang des excréments
Si ce n’est pas trop froid
Étanchant ma soif dans les verres abandonnés
Après la fête d’hier soir dans le patio
Le J&B dilué de Maman
Son rouge à lèvres épais sur le bord
Emmenée ivre à la maternelle
Mon frère aîné essuyant sa semence sur ma main
Comment le petit poisson s’est-il fait prendre
Il a ouvert sa grande gueule

On ne peut pas hurler dans les hôtels
Dieu est où tu n’es pas
J’ai refusé les électrochocs
Pour oublier

La mort
À chaque étape du chemin